Le Krach de 1987 ou le "Black Monday"

October 17, 2017

Le 19 octobre 1987, l’indice américain Dow Jones clôturait en baisse de 22.6%, une journée de bruit et de fureur, une journée de panique boursière qui faisait écho à la panique d’octobre 1929, mais qui reste la plus forte baisse jamais enregistrée sur l’indice américain.

 

Que s’est-il passé ?

Après plusieurs années de hausse, en pleine phase de croissance économique soutenue, les marchés évoluaient dans une bulle spéculative.

 

La remontée des taux qui avaient commencé au début de l’année 1987 a finalement servi de détonateur après l’annonce d’un déficit commercial américain plus important que prévu et un relèvement inattendu des taux du côté de la Bundesbank (Allemagne).

 

La chute des marchés a été accéléré par l’introduction du passage d’ordres informatisée et des systèmes de protection du risque (si, si !) qui consistait à couvrir les portefeuilles actions avec des options et notamment avec des couvertures en deltas neutres.

 

Peut-on revivre un krach équivalent ?

Force est de constater que du côté des Etats-Unis, les marchés connaissent une hausse sans précédent ou presque (le 3° cycle le plus long dans l’histoire des marchés). Mais à la différence de 1987, les taux sont restés bas, et les inquiétudes portent plus sur les tendances déflationnistes de l’’économie mondiale que sur une reprise forte et non maîtrisée de l’inflation.

 

Maintenant, il est clair qu’avec des taux aussi bas et des marchés aussi hauts, historiquement proches des pics de 1929 et 2000 en termes de valorisation, une reprise de l’inflation qui obligerait les banques centrales à se montrer moins accommodantes serait particulièrement néfastes pour les marchés.

 

Autre risque non négligeable, le renouvellement ou pas à venir au début de l’année prochaine de Janet Yellen. Le moins que l’on puisse dire est que la native de Brooklyn n’est pas un « faucon », elle caresse les marchés dans le sens du poil depuis sa prise de fonction. Un nouveau président de la Fed plus Hawkish aurait peut-être moins les yeux de Chimène pour les algorithmes de trading et les banques d’investissement.

 

 

Le troisième élément est celui d’un impact géopolitique. Mais pour le moment, les marchés ont observé d’un œil goguenard les gesticulations de Trump avec la Corée, ont blagué aux tirs de missiles de Kim Jong-Un, et semblent être lassés de l’endettement des entreprises chinoises.

 

Des menaces donc, mais une absence de réaction propice à une poursuite du mouvement tant que le différentiel de rendement entre le taux sans risque (marchés obligataires) et le taux des actifs risqués (actions) ne se resserrera pas.

 

Maintenant, ces phases d’euphories "irrationnelles" (pour reprendre le bon mot d'Alan Greenspan, prononcé en 1996) se terminent toujours de la même manière. Et lorsque vous commencerez à entendre « Ce coup-ci c’est différent », il commencera à être temps de faire ses valises (ou du moins temps de sortir de vos positions longues).