Crise, Krach, Boum... LTCM

October 30, 2017

Les marchés financiers font rêver avec les hausses vertigineuses et font peur avec les crises et les krachs. Parmi les nombreuses frayeurs qu’ont connu les investisseurs, la crise LTCM occupe une place à part.

  

L’histoire

LTCM, Long-Terme-Capital-Management, un acronyme prestigieux au début des années 90, et un fonds cornaqué par les « plus grosses têtes » de Wall Street. Notez bien les noms et les titres :

John Meriwether : le trader vedette de Salomon Brothers

David Mullins : vice-président de la FED

Robert Merton : futur prix Nobel d’économie (1997) à l’origine du modèle de pricing d’options Black & Scholes

Myton Scholes : futur prix Nobel d’économie (1997) à l’origine du modèle de pricing d’options Black & Scholes

Fort de ce CV « big scale », les droits d’entrées pour les clients triés sur le volet s’élèvent à 10 millions.

LTCM ouvre ses comptes avec plus d’un milliard en AUM (Amount Under Management) en 1994. Les banques et les grosses fortunes se sont précipitées malgré des commissions plus élevées que la moyenne (2% en Management Fee et 25% en Performance Fee).

Les résultats sont au rendez-vous les premières années. Mais la performance en finance ne devrait pas jamais se juger sur quelques années. La performance est relative au risque engagé. C'est un travail de longue haleine et une attention constante que doivent porter les gestionnaires sérieux.

 

La crise

Dès 1997, les performances de LTCM s’étaient ralenties avec les soubresauts des marchés ballotés par la crise asiatique, mais le détonateur va se trouver en Russie.

En août 1998, la Russie dévalue le Rouble, incapable de faire face à ses échéances, embourbée dans des montants astronomiques de dettes. LTCM avait couvert ses positions sur la dette russe par de la vente à découvert sur le rouble, mais face au défaut de paiement et aux faillites bancaires, la couverture s’est avérée inopérante. Inexistante!

Les marchés financiers mondiaux et les investisseurs se mettent en mode « risk on » et cherchent des actifs refuges classiques en achetant de la dette américaine (obligations du Trésor). Vendeurs à découvert sur la dette US, le fonds LTCM se trouve coin